Tous les articles par Nassim Cherikh

L’innovation dans le travail

Quelle place occupent l’innovation et la création dans le champ du travail et de l’emploi ? Dans les organisations, la profusion des outils de gestion introduits par les managers a conduit à brouiller la frontière entre les « véritables » innovations et un mouvement d’adaptation-imitation permanent, d’autant que les transformations se superposent, se télescopent et restent souvent inabouties. Au niveau de l’activité, les processus d’innovation résultent du travail des salariés, qui se l’approprient en même temps qu’ils la mettent en œuvre : certains y adhèrent et s’en font les promoteurs quand d’autres y résistent, la contournent ou la transforment en y réinjectant leurs visées propres. Si ces innovations transforment le travail, comment les interpréter ? S’agit-il d’habits neufs revêtus par des rapports de production demeurant inchangés ? Ou d’évolutions qui, sur longue période, témoignent d’une transformation de fond du monde du travail ?

Cet ouvrage répond à ces questions en traitant des innovations managériales et de leurs effets sur le travail. Il analyse comment elles se déploient dans le domaine de la formation professionnelle et la façon dont elles se négocient selon les mondes professionnels. Enfin, il ouvre la boîte noire des processus d’innovation pour y confronter le rôle des acteurs et des dispositifs, si souvent surplombants.

Les métiers du graphisme

Le graphisme est affaire de mots et d’images. Pourtant, alors que la communication visuelle a envahi nos sociétés contemporaines, le graphisme est paradoxalement devenu invisible aux yeux du grand public. Au croisement de plusieurs disciplines artistiques comme la photographie, la peinture, le cinéma, le design d’objet ou encore l’architecture, l’activité reste mal identifiée. À cela plusieurs explications possibles : la multiplicité des supports de création, de l’imprimé au web design, la diversité des statuts d’emploi et jusqu’à la diversité des termes le désignant, du graphisme au design graphique.

A partir des témoignages de jeunes graphistes en cours de professionnalisation et de graphistes renommés dans leurs différents domaines de création (affiche, animation 3D, publicité…), l’ouvrage présente la profession dans sa diversité de situations d’emploi – salarié ou indépendant, travaillant pour le secteur institutionnel ou le secteur commercial, pour le support imprimé ou animé – et décrit les enjeux auxquels elle est confrontée : adaptation aux technologies numériques qui tend à créer un fossé générationnel, diversité des formations, difficulté d’insertion dans un marché du travail où le talent et la notoriété laissent peu de place à la génération entrante, pourtant de plus en plus nombreuse depuis la fin des années 1990.

Au-delà des différences liées à l’exercice du métier et en dépit de phénomènes générationnels, des trajectoires convergentes sont identifiées, qui rappellent que l’histoire du graphisme est avant tout une histoire de regards : sur le monde, la société, la cité.

Le travail à l’épreuve des paradigmes sociologiques

Ce livre est né d’un constat : la prégnance nouvelle de l’individu et des approches microsociologiques ou interactionnistes en Sociologie du Travail. Aurait-on abandonné les analyses structuro-fonctionnalistes et macrosociologiques ? Les sociologies du travail, des organisations, de l’emploi et des relations professionnelles seraient-elles passées d’un paradigme dominant à un autre ? Fondé sur une posture réflexive des auteurs par rapport à leurs propres travaux empiriques, cet ouvrage montre la richesse et la diversité des évolutions de la Sociologie du Travail : selon quelle méthode, avec quelle échelle, à partir de quels concepts et selon quel point de vue le sociologue appréhende-t-il le travail ? Cette réflexivité conduit aussi les sociologues à interroger le choix de leur objet : comment glisse-t-on, consciemment ou à son insu des relations professionnelles aux compétences ? Du travail ouvrier aux activités de service ? De la prise en compte des contextes productifs au monopole de la subjectivité ? Riche en interrogations et en débats, Le travail à l’épreuve des paradigmes sociologiques illustre la vigueur de la Sociologie du Travail. Laquelle tient en quelques certitudes : la diversité des approches pratiquées, les hybridations méthodologiques et les tentatives de combinaisons des paradigmes, quand elles sont possibles.

La violence au travail

Dans les deux dernières décennies, les conditions d’exercice du travail se sont profondément détériorées alors qu’apparaissaient des matériels techniques et informatiques pour alléger les tâches physiques et intellectuelles. La plupart de ces détériorations prennent la forme de violences subies ou perçues par les salariés en provenance d’autrui. Que s’est-il passé ? Les causes structurelles de cette nouvelle situation sont multiples et échappent à la sphère immédiate du travail. Ces causes sont étroitement liées, d’une part, à la pression de logiques financières qui ont peu à peu dominé les « logiques industrielles » et, d’autre part, à la globalisation de l’économie qui a conduit à la délocalisation de nombreux emplois vers des régions à main d’œuvre à bas coût en même temps que s’accéléraient les privatisations de nombre d’activités du secteur public. Ainsi, pour rendre compétitives les entreprises maintenues dans les régions industrialisées les directions ont bien souvent interprété la demande d’augmentation de la productivité globale en termes d’accroissement de la productivité apparente du travail.

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