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Sociologie visuelle et filmique. Le point de vue dans la vie quotidienne

Joyce Sebag, Jean-Pierre Durand, Christine Louveau, Luca Queirolo Palmas, Luisa Stagi, Sociologie visuelle et filmique. Le point de vue dans la vie quotidienne, Genoa, 2018 (e-book en français, italien, anglais, espagnol). http://gup.unige.it/node/186

Sociologie Visuelle et filmique. Le point de vue dans la vie quotidienne rassemble des contributions de photographes et de cinéastes, tous sociologues, anthropologues, ethnographes, ethnologues, géographes, historiens… La vie quotidienne y apparaît comme un raccourci pour réunir une diversité d’objets traités par les sciences humaines et sociales. Le point de vue fait converger –ou diverger– les auteurs sur leur double positionnement d’intellectuels et de preneurs d’images. Qu’ils traitent de la photographie ou du cinéma, les chapitres de ce livre interrogent la fonction heuristique des images pour mieux connaître nos mondes sociaux. Ils cherchent à comprendre comment les images (et les sons) peuvent –ou non– rendre compte différemment des émotions, de la subjectivité, de l’intime, des troubles et des joies des individus et des populations. De la pratique scientifique avec l’image, au travail du réel par l’image, chacun a conscience de tout ce que les disciplines ont à gagner dans une science publique qui, avec réflexivité, fait parler les silences.

La sociologie de Marx

Marx est né voici deux siècles: ses écrits ont pesé sur les mouvements sociaux jusqu’à ce, qu’un tiers de l’humanité vive sous des régimes politico-économiques se réclamant de sa pensée. Pour le meilleur et souvent pour le pire.

Marx a été à la fois un militant et un savant. Est-il possible de dissocier les écrits de l’un et de l’autre ? Que reste-t-il de la pensée de Marx qui puisse servir aujourd’hui à une cri­tique radicale du capitalisme mondialisé et fmanciarisé ?

Marx est connu pour sa théorie de l’exploi­tation, mais la sociologie du travail a trouvé de nombreuses sources d’inspiration dans l’in­tégralité de son œuvre. Dans quelle mesure l’évolution sociale est-elle déterminée par le progrès technique ? Comment articuler cette influence des techniques et les rapports sociaux ? Sans occulter la question de la pos­sibilité d’une connaissance scientifique de la société, donc émancipée de toute idéolo­gie, ce: livre montre la modernité de l’analyse marxienne des classes sociales et de l’État. Aucun auteur contemporain ne peut échap­per à la confrontation avec cette pensée.

Sommaire Marx

L’innovation dans le travail

Quelle place occupent l’innovation et la création dans le champ du travail et de l’emploi ? Dans les organisations, la profusion des outils de gestion introduits par les managers a conduit à brouiller la frontière entre les « véritables » innovations et un mouvement d’adaptation-imitation permanent, d’autant que les transformations se superposent, se télescopent et restent souvent inabouties. Au niveau de l’activité, les processus d’innovation résultent du travail des salariés, qui se l’approprient en même temps qu’ils la mettent en œuvre : certains y adhèrent et s’en font les promoteurs quand d’autres y résistent, la contournent ou la transforment en y réinjectant leurs visées propres. Si ces innovations transforment le travail, comment les interpréter ? S’agit-il d’habits neufs revêtus par des rapports de production demeurant inchangés ? Ou d’évolutions qui, sur longue période, témoignent d’une transformation de fond du monde du travail ?

Cet ouvrage répond à ces questions en traitant des innovations managériales et de leurs effets sur le travail. Il analyse comment elles se déploient dans le domaine de la formation professionnelle et la façon dont elles se négocient selon les mondes professionnels. Enfin, il ouvre la boîte noire des processus d’innovation pour y confronter le rôle des acteurs et des dispositifs, si souvent surplombants.

Les métiers du graphisme

Le graphisme est affaire de mots et d’images. Pourtant, alors que la communication visuelle a envahi nos sociétés contemporaines, le graphisme est paradoxalement devenu invisible aux yeux du grand public. Au croisement de plusieurs disciplines artistiques comme la photographie, la peinture, le cinéma, le design d’objet ou encore l’architecture, l’activité reste mal identifiée. À cela plusieurs explications possibles : la multiplicité des supports de création, de l’imprimé au web design, la diversité des statuts d’emploi et jusqu’à la diversité des termes le désignant, du graphisme au design graphique.

A partir des témoignages de jeunes graphistes en cours de professionnalisation et de graphistes renommés dans leurs différents domaines de création (affiche, animation 3D, publicité…), l’ouvrage présente la profession dans sa diversité de situations d’emploi – salarié ou indépendant, travaillant pour le secteur institutionnel ou le secteur commercial, pour le support imprimé ou animé – et décrit les enjeux auxquels elle est confrontée : adaptation aux technologies numériques qui tend à créer un fossé générationnel, diversité des formations, difficulté d’insertion dans un marché du travail où le talent et la notoriété laissent peu de place à la génération entrante, pourtant de plus en plus nombreuse depuis la fin des années 1990.

Au-delà des différences liées à l’exercice du métier et en dépit de phénomènes générationnels, des trajectoires convergentes sont identifiées, qui rappellent que l’histoire du graphisme est avant tout une histoire de regards : sur le monde, la société, la cité.

Le travail à l’épreuve des paradigmes sociologiques

Ce livre est né d’un constat : la prégnance nouvelle de l’individu et des approches microsociologiques ou interactionnistes en Sociologie du Travail. Aurait-on abandonné les analyses structuro-fonctionnalistes et macrosociologiques ? Les sociologies du travail, des organisations, de l’emploi et des relations professionnelles seraient-elles passées d’un paradigme dominant à un autre ? Fondé sur une posture réflexive des auteurs par rapport à leurs propres travaux empiriques, cet ouvrage montre la richesse et la diversité des évolutions de la Sociologie du Travail : selon quelle méthode, avec quelle échelle, à partir de quels concepts et selon quel point de vue le sociologue appréhende-t-il le travail ? Cette réflexivité conduit aussi les sociologues à interroger le choix de leur objet : comment glisse-t-on, consciemment ou à son insu des relations professionnelles aux compétences ? Du travail ouvrier aux activités de service ? De la prise en compte des contextes productifs au monopole de la subjectivité ? Riche en interrogations et en débats, Le travail à l’épreuve des paradigmes sociologiques illustre la vigueur de la Sociologie du Travail. Laquelle tient en quelques certitudes : la diversité des approches pratiquées, les hybridations méthodologiques et les tentatives de combinaisons des paradigmes, quand elles sont possibles.

La violence au travail

Dans les deux dernières décennies, les conditions d’exercice du travail se sont profondément détériorées alors qu’apparaissaient des matériels techniques et informatiques pour alléger les tâches physiques et intellectuelles. La plupart de ces détériorations prennent la forme de violences subies ou perçues par les salariés en provenance d’autrui. Que s’est-il passé ? Les causes structurelles de cette nouvelle situation sont multiples et échappent à la sphère immédiate du travail. Ces causes sont étroitement liées, d’une part, à la pression de logiques financières qui ont peu à peu dominé les « logiques industrielles » et, d’autre part, à la globalisation de l’économie qui a conduit à la délocalisation de nombreux emplois vers des régions à main d’œuvre à bas coût en même temps que s’accéléraient les privatisations de nombre d’activités du secteur public. Ainsi, pour rendre compétitives les entreprises maintenues dans les régions industrialisées les directions ont bien souvent interprété la demande d’augmentation de la productivité globale en termes d’accroissement de la productivité apparente du travail.

Introduction             Sommaire 

La chaîne invisible

 

Sans titre 2

 (Réédition 2012) Au cours des vingt dernières années, le monde du travail a changé de planète. Flexibilité de la main-d’oeuvre, annualisation du temps de travail, précarité des contrats, exigence de qualité totale, déclin de la notion objective de qualification au profit de la «compétence» définie par l’employeur, plans sociaux dans les entreprises rentables, implication et responsabilisation des travailleurs, organisation en réseau, etc.

Une même logique implacable lie toutes les dimensions de cette métamorphose : l’impératif du «flux tendu», sans stocks, sans pause dans la circulation du produit, pousse à l’extrême l’exploitation du temps de travail pour satisfaire des exigences de rendement inédites dans l’histoire du capitalisme. Pourquoi les travailleurs et les syndicats ont-ils si peu résisté, et parfois collaboré, à une mutation qui intensifie le travail sans améliorer sa rémunération ?

La peur entretenue du chômage n’est qu’une part de la réponse. La sociologie du travail révèle en effet les stratégies et les jeux sociaux déployés par les individus pour sortir du flux tendu, ou le rendre acceptable, voire gratifiant. Mais cette implication contrainte des salariés participe aussi d’une stratégie délibérée de gestion du travail pour les conduire à internaliser la contrainte de rentabilité, à ne plus concevoir la distinction entre leur intérêt et celui de leur patron. Loin du rapport de domination brute à l’ancienne, le nouveau capitalisme met en place une chaîne invisible, auto-entretenue par ceux-là mêmes qu’elle aliène, une forme de servitude volontaire.

Cet ouvrage a été traduit en anglais (Durand Jean-Pierre, The Invisible Chain. Constraints and Opportunities in the New World of Employment, London, Basingstoke (UK), Palgrave, 2008) et en espagnol (La cadena invisible. Flujo tenso y servidumbre voluntaria, Mexico et Madrid, Casia abierta al tiempo/Fondo de Cultura Economica, 2011).

 Sommaire 

Les ressorts de la mobilisation au travail

-Ressorts-mini

En quoi l’organisation et les conditions du travail se transforment-elles ? Quelles sont les formes présentes de la mobilisation des salariés ? Avec quelle autonomie et sous quelles contraintes ? Comment s’établissent les normes ? Comment se constituent, s’évaluent et sont mobilisées les aptitudes et les performances des salariés ? Comment ceux-ci s’adaptent-ils aux situations modernes du travail ? Quels rôles joue la diffusion des technologies de l’information et de la communication et quelle influence exerce la nouvelle place du client dans les procès de travail ? Quelle est la pertinence des paradigmes dominants avec lesquels les sociologues ont traité historiquement de ces thèmes ?Toutes ces questions prennent sens dans le va-et-vient entre les situations de travail (pris au sens micro et macro), le champ de l’emploi et de la formation (État des marchés du travail, gestion des emplois, dispositifs de formation…) et le contexte de la globalisation.

Les chapitres du présent ouvrage répondent à l’ensemble de ces questions en traitant de la diversité des situations selon les branches, selon la dimension des entreprises ou des administrations, selon le genre et selon le type d’activité des salariés. Sans oublier les nouvelles formes d’emploi et l’éventuel renouvellement des espaces de négociation. Enfin, parce qu’il s’agit d’un ouvrage collectif, cet ouvrage montre la grande variété d’approches et de paradigmes mis en oeuvre dans la sociologie du travail.

Ainsi, Les ressorts de la mobilisation au travail offre une vue exhaustive et une photographie fidèle de ce qu’est la sociologie du travail à l’instant où le sens du travail importe moins que ses devenirs.

Parution : Paris, 2005

Sociologie contemporaine

 

-Sociocont-miniLa sociologie s’est affirmée comme une discipline maîtresse parmi les Sciences de l’homme et de la société, au côté de disciplines plus anciennes. Elle sait rendre compte, éclairer, commenter et expliquer les situations sociales complexes et les changements sociaux. Grâce à sa puissance d’analyse elle dresse des diagnostics et avance des propositions dans les organisations, dans la ville, dans le système scolaire, pour la famille, etc. Elle a en même temps inventé une pluralité de paradigmes pour poursuivre le débat théorique et les controverses intellectuelles avec les autres sciences sociales.

D’un accès souvent difficile, la sociologie nécessitait une présentation claire. Après la genèse de la discipline puis son histoire jusqu’au milieu du XXème siècle, l’ouvrage expose les théories des auteurs contemporains : Boudon, Bourdieu, Crozier, Goffman, Garfinkel, Parsons, Touraine, etc. Pour chacune de celles-ci , J.-P. Durand et R. Weil présentent le contexte historique d’émergence, une synthèse des principaux apports théoriques et une critique. Deux chapitres traitent ensuite de la démarche et des techniques sociologiques. Dans la deuxième partie, des spécialistes français, belges et québécois exposent les débats en cours dans quinze champs spécifiques : l’urbain, le travail, le développement, le politique, la famille, le religieux, l’éducation, la culture, le sport, etc. La dernière partie questionne les usages de la sociologie aujourd’hui et réfléchit sur ses aptitudes à interpréter ou à changer le monde.

Destiné aux étudiants sociologues, cet ouvrage a aussi été conçu pour tous ceux qui désirent acquérir une seconde compétence en sociologie, à l’université, dans les entreprises ou dans l’administration. Il est l’outil de préparation aux concours comportant une épreuve de sociologie. En poursuivant l’objectif pédagogique d’explication des savoirs, Sociologie contemporaine arme le lecteur des concepts et des méthodes pour décrypter et comprendre les sociétés actuelles.

Dans cette troisième édition, les chapitres ont été actualisés et augmentés à partir des travaux sociologiques les plus récents. Un nouveau chapitre présente les thèses de Raymond Aron et de Georges Gurvitch alors qu’un chapitre conclusif interroge une dizaine de sociologues sur le statut scientifique de la sociologie et sur la place de la sociologie française dans le monde.

Sommaire 

Parution : Paris, 1989, 1997, 2006

La chaîne et le réseau

 

Chain-Reseau-miniLa fin tant annoncée du travail ouvrier tarde à se réaliser : plus du quart de la population active relève toujours de la classe ouvrière selon l’INSEE. Mieux encore, le travail sous contrainte de temps caractérisant la chaîne s’étend aux services dans la grande distribution, dans la restaurations rapide, voire au travail intellectuel des bureaux d’études.

Peugeot-Sochaux, ambiances d’intérieur. Les auteurs ont séjourné longtemps dans l’usine, au fil des lignes de montage ; l’un deux a durablement tenu un poste de monteur. À la routine quotidienne du travail se mêlent les rapports ambivalents entre générations, entre ethnies, avec une maîtrise décriée et des syndicalistes tout juste tolérés. Alors se construisent des jeux identitaires subtils et discrets tandis que se négocient en permanence des ajustements et des arrangements pour rendre le travail acceptable. Car si les postes de travail ont été améliorés, de nouvelles fatigues sont apparues à travers des cycles de travail sans cesse raccourcis.

La chaîne et le réseau. Le difficile travail à la chaîne demeure parce qu’il offre des compensations symboliques à l’effort. Telle est la raison d’être des ajustements sociaux permanents et des réseaux multiformes qui traversent la réalité des ateliers. Fragile et complexe, l’usine tient sur des compromis sans cesse recommencés. Réseaux sociaux, trajectoires individuelles et régulations se croisent pour cimenter le quotidien ouvrier. C’est de cela que traite ce livre ; car si la chaîne perdure c’est parce que le réseau des hommes au travail se plie aux nécessités. Jusqu’où ?

Parution : Lausanne, 2002